Anne Larouze
Anne Larouzé, paire de chandelier, (image: ©carole Parodi)
Fruit d’un parcours transdisciplinaire, le travail d’Anne Larouzé fait entrer en résonance une approche sensible de la matière avec d’autres regards, scientifiques, littéraires ou de designer..
Anne travaille la terre dans des réalisations sur-mesure.
Elle collabore régulièrement avec des designers pour des prototypes tout en proposant des pièces uniques ou des séries limitées fortement inspirées par les avant-gardes Art Déco du XXème siècle.
Un travail remarqué par la Fondation d’entreprise Hermès.
Plusieurs fois par an, elle créé une collection d’objets en petite série autour d’une matière ou d’un thème spécifique, à vivre au quotidien.
Au-delà de ces collaborations, Anne entreprend un travail de transcription, au sens quasi-musical du terme, de textures sur des pièces céramiques. Au delà de l’imitation, il s’agit de traduire avec les outils et techniques céramiques, les caractéristiques de la matière travaillée, son « irrégularité régulière », les sensations visuelles, tactiles que cette matière génère.
Pour cela, elle est partie à la découverte de ces matières, des artisanats qui s’y rattachent, de leurs outils, leur vocabulaire, pour appréhender les transformations de ces différentes matières et leur apparence finale, ce qu’elle a pu amplement développer dans le cadre d’expositions sur-mesure telles que son travail sur la peau au Museum d’Histoire Naturelle de Genève
« Poussée par le désir d’aller toujours plus loin, Anne Larouzé englobe dans ses recherches l’immensément grand – le cosmos, ou le paysage – et l’immensément petit – l’observation de la structure d’une écaille au microscope. Ce passage constant du micro au macro la conduit à rechercher l’essentiel, quelle que soit l’échelle observée, et à interroger constamment sa pratique de céramiste. Car enfin l’observation n’est que le point de départ d’une démarche artistique personnelle dans laquelle l’artiste convoque le monde qui l’entoure pour mieux transcrire son monde personnel et unique. Les surfaces vibrantes sont circonscrites dans des formes simples de tondo ou de sphères ; l’ajout parcimonieux d’oxydes ou même d’or vise à sublimer la surface sans perdre de vue la subtilité et l’économie de moyens.
« Le chemin est la voie » disent les sages taoïstes. C’est assurément sur ce chemin, loin d’être rectiligne et assurément semé d’embûches, que chemine Anne Larouzé, avec conviction et détermination. Elle nous conduit dans un voyage au cœur du vivant et donc au cœur de notre humanité. »
Anne-Claire Schumacher
Photographies: © Aubert Jansem Galerie